A l’heure où le développement durable à le vent en poupe, nombreuses sont les organisations qui se demandent comment faire du développement durable une véritable stratégie d’entreprise. Cet article répondra aux nombreuses entreprises qui se posent la question : le développement durable je veux bien, mais j’y gagne quoi ? 

Un concept stratégique clé au coeur du développement durable: les parties prenantes 

Au coeur du développement durable réside un concept clé : celui des parties prenantes. La notion de parties prenantes a été théorisée dans les années 1980 par un philosophe américain du nom d’Edward Freeman. E.Freeman désigne les parties prenantes ( » stakeholders » en anglais) comme suit : « Individu ou groupe d’individus qui peut affecter ou être affecté par la réalisation des objectifs organisationnels ». A travers ce concept, E.Freeman s’oppose à la vision de l’économiste américain Milton Friedman (à ne pas confondre !) selon qui, le rôle de l’entreprise consiste à accumuler du profit pour in fine la redistribuer aux actionnaires.

Selon E.Freeman, cette définition est juste mais pas complète. E.Freeman considère qu’une entreprise ne peut pas être fructueuse et pérenne si elle prend en compte uniquement ses actionnaires et non toutes les autres parties prenantes (salariés, clients, fournisseurs, partenaires etc.) qui permettent également de créer de la valeur. Selon lui, le rôle de l’entreprise consiste à répondre, dans la mesure du possible, aux besoins des parties prenantes, pour créer de la valeur qui sera in fine redistribuée (ou non) aux actionnaires. Et pour connaitre les besoins de ses parties prenantes il est nécessaire de dialoguer avec elle.  

Une pratique stratégique clé au coeur du développement durable : le dialogue parties prenantes

Le dialogue parties prenantes est une pratique que l’on retrouve de plus en plus au sein des organisations. L’objectif est de passer d’une gouvernance fermée à une gouvernance ouverte qui va au delà des instances de décisions déjà existantes en interne. La pratique la plus commune est de mettre en place des outils en interne qui permettent de recueillir les besoins de ses différentes parties prenantes (questionnaire de satisfaction client, dialogue social pour les salariés, évaluation fournisseurs etc.) avec au coeur, toujours cette même question : de quoi avez-vous besoin ? Qu’attendez-vous de nous ? L’organisation peut également décider de réunir autour d’une table un représentant de chaque catégorie de parties prenantes pour en échanger (attention dans cette pratique il est conseillé de se faire accompagner). Bien évidemment, l’organisation ne pourra pas répondre à tous les besoins ! Il est impératif de hiérarchiser ces besoins en fonction de leur aspect stratégique pour l’entreprise. 

 

Un outil stratégique clé au coeur du développement durable : la matrice de matérialité

Le deuxième concept qu’apporte E.Freeman dans sa théorie des parties prenantes est le suivant : pour qu’une action développement durable soit stratégique et pertinente, il est nécessaire qu’elle réponde à un (ou plusieurs) besoin.s de partie.s prenante.s ainsi qu’à un (ou plusieurs) objectif.s stratégique.s interne.s. Si la réponse à un besoin partie prenante n’est pas stratégique pour l’entreprise, alors il est inutile d’y répondre pour le moment. Afin de connaitre les besoins les plus stratégiques, les organisations peuvent concevoir leur propre matrice de matérialité. Une matrice de matérialité hiérarchise les besoins des parties prenantes, exprimés lors du dialogue, en fonction de deux axes : importance du besoin exprimé selon les parties prenantes et importance stratégique du besoin pour l’organisation. 

On retrouve en haut à droite les besoins appelés « matériels», à savoir, important pour les parties prenantes comme pour l’organisation. Il convient alors de répondre à ces besoins matériels à travers une démarche développement durable. C’est ainsi qu’un entreprise peut faire du développement durable, une véritable stratégie d’entreprise.