Le 28 avril prochain, dans un mois, aura lieu la célèbre journée mondiale de la Santé et de la Sécurité au Travail (SST), une occasion idéale pour remettre sur table un plan SST viable et ouvrir le dialogue à ce sujet avec vos divers collaborateurs. Il peut être pertinent d’organiser des activités spéciales au sein de nos entreprises à l’occasion de cette journée : axées autour de la sensibilisation ou encore que articulées sous la forme d’une concertation commune à chaque service, permettant à chacun d’émettre un avis et de soumettre des propositions d’amélioration.

Comprendre ce qu’est la Santé et Sécurité au Travail

Sont considérés comme risques professionnels tous les éléments pouvant porter atteinte à la santé mentale et physique des salariés d’une entreprise. Le code du travail impose à l’employeur d’assurer la sécurité de ses employés en prenant toutes les mesures nécessaires à cette fin. En effet, le chef d’entreprise est tenu pour garant de la sécurité de tous sur le lieu de travail et ne pourra s’exonérer de cette responsabilité qu’en cas de force majeure ou lorsque la responsabilité d’un employé est engagé, par exemple en cas de manquement volontaire des règles de sécurité.

De la même manière, l’employeur est engagé à fournir les résultats des moyens mis en place pour assurer la sécurité de tous : ceci signifie qu’il doit justifier de l’efficacité des moyens mis en place à ces fins.

La journée mondiale de la SST, ce 28 avril prochain, est ainsi l’occasion idéale pour revoir le plan de prévention mis en place et  s’assurer de son efficacité auprès des salariés. En effet, ces derniers se trouvent bien souvent en première ligne face aux risques professionnels, il est donc indispensable de les impliquer de le processus de prévention afin que ce dernier soit respecté, compris et donc efficient.

Comment impliquer les salariés à la prévention des risques ?

Il peut être pertinent de lister les risques suivants à vos collaborateurs et de solliciter leurs avis sur le sujet. Que pensent-ils de la récurrence de ces risques dans le cadre de leurs activités professionnelles ? Comment ces risques se traduisent concrètement dans leur quotidien ? Quelles sont les améliorations souhaitées, et dans quelle mesure celles-ci peuvent être mises en place ?

– Risques liés à la sous-traitance : c’est-à-dire lorsque l’employeur sous-traite une partie des tâches de ses salariés à une entreprise externe. Il est nécessaire dans ce cas de mettre en place une politique commune aux deux entreprises de prévention des risques, de part la visite des chantiers par les deux dirigeants par exemple. Ces risques liés à la sous-traitance rejoignent les risques liés au recours à une main-d’œuvre intérimaire qui doit absolument être formée à la prévention des risques sur leur lieu de travail, même temporaire, et ce de la même manière que les salariés permanents. Dans ce cas-ci, il peut être intéressant de comprendre le point de vue des salariés concernés : pensent-ils que les intérimaires ou les sous-traitants respectent suffisamment les règles de sécurité ? Quelles améliorations peuvent-ils proposer dans le cas contraire ?

Risques liés à la circulation routière : Il s’agit du premier facteur de risque d’incident mortel dans le cadre de l’emploi, puisque un accident mortel au travail sur deux est lié à la circulation routière. Il est nécessaire de sensibiliser les employés à cette problématique et de mettre en place des règles lors des déplacements professionnels (exemple: rappeler l’interdiction de répondre au téléphone au volant). Dans le cadre de la journée du 28 avril, il peut être pertinent d’organiser des activités autour du thème de la sécurité routière afin de sensibiliser à cette problématique les employés devant effectuer de nombreux déplacements professionnels.

Risques psychosociaux : Ces risques s’articulent autour d’une idée générale de mal-être au travail, se caractérisant par des comportements à risque, de l’absentéisme répété, des tendances à l’alcoolisme ainsi qu’à l’agressivité. Dans le cadre de la journée mondiale de la SST, il pourrait être intéressant de solliciter les salariés à la mise en place de pratiques de prévention de ces risques (création de bonnes conditions psycho-sociales, groupes de discussion concernant leur capacité à gérer le stress, etc).

Risques liés aux troubles musculo-squelettiques : ces risques ont la particularité de toucher l’ensemble des catégories d’emplois et représentent la première cause des maladies professionnelles en France. L’employeur est tenu par le code du travail d’adapter les conditions de travail aux salariés, ce qui concerne particulièrement les conditions de travail des emplois à tâches répétitives ainsi que les emplois nécessitant des postures à risques pour la santé physique du travailleur. La prévention de ces risques peut s’articuler autour de l’information préventive des gestes et postures à adopter sur le lieu de travail, mais ne doit en aucun cas s’y limiter. Dans certains cas, l’ensemble des ergonomies des places de travail doit être repensées afin d’assurer une meilleure protection aux salariés. Interrogez-vos salariés : que pensent-ils de l’ergonomie de leur lieu de travail ? Ont-ils des douleurs particulières après une longue journée ? À quoi cela est-ce dû à leur avis ? Quelles sont les améliorations souhaitées ?

Risques liés aux situations de crise : ces dernières peuvent être très diverses, et peuvent notamment concerner l’absence d’un grand nombre de salariés, par exemple lors de cas de pandémies. Il est absolument nécessaire à l’entreprise de poursuivre ses activités coûte que coûte, et c’est pourquoi la mise en place d’un plan de continuité d’activité est obligatoire. Ce plan a pour objectif de permettre à l’entreprise de maintenir ses activités essentielles à flot durant le temps de la crise. Il peut être intéressant, dans le cadre de la journée du 28 avril, d’organiser une réunion avec les divers services, ayant pour objectif de rappeler les consignes à suivre dans ces cas de figure.

Risques liés à l’utilisation des produits chimiques : il existe dans ce cadre 3 axes principaux à maîtriser afin de prévenir ces risques : la maîtrise de l’approvisionnement des produits et des règles de sécurité adjacentes, la maîtrise du risque lié à l’utilisation de ces produits dans le cadre du travail, ainsi que les risques liés aux déchets produits en fin de course par les éléments chimiques. La maîtrise de ces risques est encadrée par des lois L 4412-1 et R4412-1 à R4412-164 du code du travail. N’hésitez pas à organiser des activités de prévention autour de ce sujet : questionnaires ou formations adaptées aux divers risques rencontrés par exemple.

Dans le cadre de la journée mondiale de la SST, le 28 avril prochain, n’hésitez donc pas à impliquer les salariés dans le management de leurs propres conditions de travail. Les règles de sécurité ont largement tendance à être davantage suivies si elles sont convenablement comprises : dédiez donc ce 28 avril à vos équipes de travail en leur donnant l’occasion de s’exprimer sur leurs difficultés, et de trouver des solutions viables par la mise en commun de ces informations.